Analyse | Quatre observations sur la remontée honorable du Canadien
Ils ne doivent pas en faire une habitude, mais les joueurs du Canadien peuvent désormais croire qu’aucun retard n’est trop grand pour être comblé. Pour la troisième fois en une semaine, le Canadien a entamé la troisième période en accusant un retard, et comme il l’a fait en l’emportant face aux Sénateurs d’Ottawa puis en s’inclinant en prolongation devant les Islanders de New York, il est allé arracher au moins un point à l’Avalanche du Colorado, samedi. L’exploit est peu banal sachant que cette puissance de la LNH, qui affichait un dossier de 9-1-1 à ses 11 derniers matchs, avait les devants 4-1 avec moins de 11 minutes à faire dans le match. C'est un point important au classement. Tu ne penses probablement pas que tu vas aller chercher un point quand tu perds 4-1 au milieu de la troisième période, alors ç’a été une belle poussée de la part des gars. Ce match ne fera rien pour altérer la confiance de plus en plus grande de ce groupe, qui a certes mis du temps à se mettre en marche, mais qui a trouvé son élan à temps pour défier des visiteurs qui pensaient peut-être l’avoir dans la poche. Il y a tant à dire sur ce match, autant diviser le tout en quatre sujets distincts qui valent la peine d’être explorés. Joshua Roy a redonné espoir au Canadien en marquant contre Mackenzie Blackwood. Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis Même si le Canadien s’est mis à mieux jouer à partir du moment où Juraj Slafkovsky a fait 3-1, il s’est néanmoins retrouvé dans les câbles quand Brock Nelson, un pourfendeur notoire du CH, a redonné une avance de trois buts à l’Avalanche. Joshua Roy a redonné vie aux siens en fonçant au filet, où il a saisi un retour de lancer, réveillant ainsi le Centre Bell en même temps que les espoirs du Canadien. Ce fut son jeu le plus important de la soirée, mais certainement pas le seul digne de mention. Car même pendant que le reste de l’équipe avait les pieds dans la vase, Roy faisait plusieurs gestes intelligents et porteurs pour son trio. Après de premiers matchs discrets, Roy semble s’être trouvé au cours des deux derniers matchs. Il est habitué à avoir souvent la rondelle sur son bâton, une réalité qui ne se vérifie pas encore autant dans la LNH. Or, le Québécois s’ajuste en faisant des touches de rondelle rapides et en exécutant de courtes passes sans même immobiliser le disque. Tenter de faire sa place dans la LNH tard en saison et être appelé à relancer un caractère offensif n’est pas le mandat le plus facile à remplir, mais Roy a la chance de vivre cela, faisait valoir Martin St-Louis en matinée. L’occasion vient avec des responsabilités, a ajouté l'entraîneur, mais Roy devrait chérir le fait qu’il a une belle occasion devant lui. Il en a profité, samedi, face à l’Avalanche. Assoupi, incapable de réussir ses passes et de trouver de la cohésion dans son jeu, le Canadien a été dominé en première période. Slafkovsky a été le premier à admettre que ses touches de rondelle étaient horribles et qu’elles menaient à des revirements. Heureusement qu’il s’est bien repris à mesure que le match a avancé. St-Louis avait décidé de coller le trio de Suzuki à celui de Nathan MacKinnon et, même si la supervedette de l’Avalanche n’était pas dans ses plus dominantes dispositions, le Colorado avait quand même pris l’avance 2-0 après 20 minutes. Dès lors, il fallait que le Canadien trouve le moyen de générer plus d’offensive. Le premier geste ayant permis au CH d’effectuer sa remontée a été de demander au trio de Jake Evans de prendre le relais en deuxième période et de s’occuper de MacKinnon afin que le trio de Suzuki puisse s’acquitter de tâches offensives. Et l’unité d’Evans s’en est drôlement bien tirée, gardant le jeu en territoire de l’Avalanche durant la majorité de ses présences. Quant à celle de Suzuki, elle a par la suite contribué par le biais des deux buts de Slafkovsky à forces égales. Le défenseur Mike Matheson semble être à son avantage dans les matchs où il a un mandat clairement défensif. Photo : Reuters / Eric Bolte On ne penserait pas insister sur des prouesses défensives dans un match qui s’est terminé 5-4, mais le boulot qu’ont accompli Mike Matheson et Alexandre Carrier face aux gros canons de l’Avalanche est digne de mention. Dans le cas de Matheson, ç’a été un peu un copié-collé de sa performance face à Connor McDavid, il y a deux semaines à Edmonton. Son jeu a le don de se simplifier et de devenir plus propre dans les matchs où ses affectations sont résolument défensives. MacKinnon a joué 17:06 à forces égales durant ce match, et il n’y a que 56 secondes où Matheson n’a pas été sur la glace en même temps que lui. Il l’a talonné de si près qu’il l’a même accompagné au banc des punitions quand les deux ont été pris en défaut! Quand Slafkovsky a été puni en prolongation, Matheson est resté sur la glace pour écouler avec brio les deux pleines minutes d’infériorité. Et il a terminé une présence de 3:08 par un effort individuel qui a bien failli donner la victoire au Tricolore. En bon partenaire, Carrier a suivi Matheson dans tout cela, étant lui aussi un défenseur excessivement mobile et capable de patiner avec les meilleurs. Les deux ont terminé leur soirée de travail à +2 face au trio de MacKinnon. Carrier a joué son premier match avec le Canadien le 20 décembre et son arrivée a changé le visage de la brigade défensive du Canadien. Son acquisition est un tournant majeur de la saison. À savoir pourquoi les Predators de Nashville ont jugé que Justin Barron suffisait pour qu’ils s’en défassent, cela demeure un mystère emballé dans une énigme. Le gardien Samuel Montembeault n’avait pas entendu les propos de son entraîneur-chef, qui le matin même avait dit que le Canadien ne serait pas rendu là où il est sans lui. En revanche, il a probablement entendu les commentaires de ceux qui le soupçonnaient d’être fatigué, ou qui trouvaient qu’il venait de connaître deux contre-performances de suite. Le gardien de 28 ans a été un peu laissé à lui-même en première période. Sur le premier but, il a cédé sur un autre tir de longue distance qu’il aurait peut-être pu arrêter, mais il n’y avait rien qu’il puisse faire sur le deuxième. En tout et pour tout, Montembeault n’a pas volé le match, mais il ne l’a pas coûté au Canadien non plus. C’était le simple fait de le revoir devant le filet qui importait le plus. St-Louis a confiance en lui, ses coéquipiers ont confiance en lui, et tout indique que le Canadien va miser sur lui un peu comme Jon Cooper avait misé sur Jordan Binnington durant la Confrontation des 4 Nations. Ce ne sera peut-être pas toujours joli, mais il y a cette croyance qu’au moment opportun, le gardien pourra se dresser.On va prendre ça comme une victoire morale, mais c’est plate en ce moment à cause de la façon dont le match s'est terminé
, a dit le capitaine Nick Suzuki après que le Canadien s'est incliné 5-4 en tirs de barrage.On ne pouvait pas exécuter en première moitié de match, puis en troisième période on s’est vraiment activés côté exécution
, a décrit l’entraîneur-chef Martin St-Louis. On était capables de garder possession de la rondelle en zone neutre, de placer de bonnes rondelles en échec avant qu’on allait pouvoir aller récupérer en premier. Une fois qu’on est entrés en zone offensive, on a été très dangereux et on a bien manœuvré à travers leur structure défensive. On a eu beaucoup d'occasions de marquer et on en a profité.

Joshua Roy s’ajuste
Tu as besoin de faire ça dans cette ligue-là, a mentionné Roy. Avec les couvertures, tu n’as pas autant de temps que dans la Ligue américaine ou n’importe quelle autre ligue. Aussitôt que la rondelle est sur ta palette, il faut que ton prochain jeu soit déjà pensé.
Changements de rôles après la première
Je pense que Marty voulait peut-être nous donner plus de temps en zone offensive
, a indiqué Suzuki. [Le trio de MacKinnon] est envoyé pour presque toutes les mises en jeu dans notre zone. Évidemment, ils sont difficiles à défendre et on s’est beaucoup défendus en première période. Mais on va être à l’aise, quelle que soit la confrontation qui nous est proposée.

Le duo Matheson-Carrier s’impose
Il couvre tellement de glace qu’il faut quasiment que tu le battes deux fois
, a illustré St-Louis.Il est incroyable. Il joue 30 minutes par match et je ne comprends pas comment il fait pour ne pas être fatigué
, a commenté Arber Xhekaj.Je suis fatigué juste à le regarder!
Montembeault mis au défi
Je pense que j’avais connu un bon match contre Ottawa
, a rétorqué Montembeault. J’ai juste manqué de concentration pendant trois secondes et j’ai donné un mauvais but. J’ai vraiment bien joué dans les 59 autres minutes. Et à New York, il y a eu des hauts et des bas, mais j’ai quand même fait beaucoup de bonnes choses.J’avais la chance de revenir ici, un samedi soir, à la maison, où c’est tellement le fun de jouer. D’avoir un gros défi contre une aussi grosse équipe, c’est le fun de pouvoir retourner devant le filet.
Martin m’a texté hier soir, même si on avait une journée de congé, pour me dire (que j’allais jouer), de garder la tête haute et de continuer de travailler
, a confié Montembeault. Les gars ont fait un gros travail pour aller chercher un point ce soir.
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